À propos…

En licence de Lettres Modernes, on m’a dit que je savais lire.

En Maîtrise de Lettres Modernes, on m’a dit que je savais écrire.

Je n’ai pas attendu qu’on m’en dise plus, devant répondre à l’impératif saugrenu mais quotidien de devoir remplir le réfrigérateur. Heureusement, un tempérament optimiste et une vision du monde plurielle et ouverte m’ont toujours permis de considérer que quelques denrées de base suffisaient bien pour l’évaluer à moitié plein, ce qui m’a toujours laissé assez de temps à partager avec mes premières amours littéraires.

La bonne fée qui s’est penchée sur mon berceau a versé quelques gouttes d’élixir hispanique que j’ai soigneusement entretenu pour le voir s’épanouir et fleurir. Pour mon mariage, comme je n’avais pas oublié d’inviter cette gentille marraine (mais était-ce bien moi qui avait dressé la liste des invités ?), elle a rajouté dans ma hotte une généreuse dose de culture italienne. J’ai su soigneusement l’entretenir.

Après un long passage, coincée entre les bancs des étudiants et le tableau noir, j’ai résolu de ne plus vivre que de ce que j’aimais faire, au grand dam de mon frigo ! Pour faire taire ses borborygmes, le journalisme m’a accueilli, et me dispense toujours à ce jour son estime.

Baste ! Il faut conclure, le lecteur n’est point là pour entendre les misères de chacun et s’y ennuyer. L’essentiel est dit, l’important est tracé ; le je se doit de disparaître au profit des auteurs…

“Le traducteur est un inventeur au même titre que le lecteur, qui réinvente le texte et l’aménage.” Jean Echenoz

contact : cheli@chameleon.fr